Michel-02
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bibliographie




POÈMES       1994 –  2012


 

Cette envie de passer la main à travers, pour sentir, pour faire glisser la nappe du meuble rouge, forcer le temps pour qu’il sache enfin le tumulte où il nous tient ! Saisir le peintre dans le silence de l’œil et puis, savoir enfin marcher sur les tessons du jour, sourire au-delà, comme après un bombardement, ne pas se contenter d’être la mort qui marche !

*

Dans ma chambre bouddhique, je fais un feu de toi, mon peintre, je me drape de tes senteurs musquées, à l’ourlet de tes nappes, je m’éclaire de tes lampes chinoises, j’ouvre l’armoire intime où se cachent les flacons d’huiles grasses, je profane le repos où t’a couché la camarde poussive. Si tu ne tends plus l’oreille à mon désordre d’être, descelle-moi le temps sous la croûte de tes douleurs !

On est couleur de temps.

" Rythme de ce père artiste et le long poème qu'il lui consacre, entrecoupé de prose poétique et de grands silences rêveurs au coeur des pages, n 'est qu'une "exploration" à la rencontre d'une oeuvre et, derrière elle, d'un père. "

Jehan DESPERT



LE DÉSESPOIR
DU PEINTRE


Désespoir-peintre

L'Arbre à Paroles
Amay, 1994

64 pages


AVENUE DU SILENCE

Avenue-silence

L'Arbre à Paroles
Amay, 1995

152 pages

Au fond c’est le gravier
qui roule

le bruit de
vaisselle du souvenir

*

Le tram vient de passer
à travers la pelouse
jonchée de tout petits carbones

on entendrait crier les coques
de ces vitraux rapetissés

si l’on prêtait la voix
aux gravillons qui cloquent
au bout de nos souliers

*

Morts

Nous sommes ces marrons pétés

Sur la poêle brûlante
Du silence ambulant


         





Ne me lis pas comme ça
 
j’ai l’air
de griller
 
nu
 
dans le fumoir secret
des jours

ÉCRIRE À PETIT FEU


Écrire-petit-eu

Le Non-Dit
Collection "Boîte aux Lettres"
Bruxelles, 1993
72 pages


LA ROUTE DES ÉPICES

Route-épices


L'Arbre à Paroles
Amay, 2004

116 pages

Il y a les épouses
Derrière le mur

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On y pense en couvrant
La vitre
Du crépuscule,

Le frôlement jouxte
La caresse

*

Le sable
et puis encore

Ailleurs
et puis c’est tout

L’âme
est une fragrance
comme les autres

Qui vole
Et bavarde après soi
Dans la bouche du vent


Le 22 janvier

Un appel
résonne longuement

si longuement

alors
que j’embue le carreau
d’une plainte muette

ne bougent que les lèvres
de la mer
sur les miennes

*

Le 18 mars

Le sel de la femme
et le sel de la mer
me font comme

un imperceptible fumet d’exister

*

Le 7 juillet

Et si le vent couvre ma voix
c’est pour me signifier
le chant des heures

Autant de poèmes que de jours passés au bord de la mer, dans une relation fusionnelle avec le paysage, l'eau et le sable, le soleil et le remous des vagues. Les textes sont brefs, mais le ton est familier, sans emphase, presque à l'état brut. Enfin, le recueil La Route des épices (L'Arbre à paroles), plus sobre et contenu dans l'émotion sensuelle, livre le portrait contrasté d'un « Diogène têtu », arpentant « la rue deslivres » avec ses mots d'homme, disant l'amour qui vibre, intense et intact, vers « l'orchidée d'une femme ». Sur la braise des pierres / à midi (...) Immobile / Et comme privé de gestes / Le temps / Ferme les yeux sur la durée.
Marie-Clotilde Roose

Le Mensuel littéraire et poétique

Publié chez « Textes et Prétextes », le recueil de Michel Joiret ne se limite pas au texte mais est aussi le prétexte de photos, prises par l'auteur lui-même, et de superbes dessins d'Edmont Pierret. Le tout centré obsessionnellement sur la mer, ses multiples visages et les innombrables métaphores qu'elle peut engendrer. Et Joiret ne nous en prive pas ! Son imaginaire, débordant, épousant toutes les marées, même les plus débridées, nous conduit le long des vagues et des vagues à l'âme avec une sincérité - et une maîtrise en même temps - qui ne laisse aucun répit au lecteur. Depuis l'hiver sentimental des plages glacées jusqu'aux heures déchirantes des valises qui meurent sur la digue, rien ne nous est épargné de la souffrance du poète qui offre à la mer l'immensité de sa solitude, ses déroutes, ses appels sans écho, tout en lui demandant en retour une liberté sans limites, la liberté de dire le fond, d'avouer sa nausée, ses vertiges, son incurable « mal de mer ». Mais toujours avec cet art de la trouvaille lumineuse sur le sable, dans l'écume qui mousse, au milieu des mouettes voraces et splendides. Ce mal de vivre, si crûment ressenti, ce manque d'amour, cette vie de reclus, de moine devant la mer (et l'on ne peut s'empêcher de penser au fameux tableau, si mélancolique, de Friedrich !) offrent paradoxalement à l'auteur l'occasion, la chance peut-être, de tirer de son sac d'arpenteur des images sensationnelles, dignes de nos grands aînés surréalistes, Chavée en tête
Michel Ducobu
Reflet de chez nous.


LES
TROIS CENT SOIXANTE-CINQ
VISAGES DE
LA MER

Visages mer

Illustrations d'Edmond Pierret
Photographies de l'auteur
Textes et Prétextes
Wavre, 2004

ISBN 2-930361-2


LES
ANNÉES
LUMIÈRE

Années lumière

Le Cygne
Paris, 2011

ISBN : 978-2-84924-195-0
62 pages



"Je m'en remets à
La précarité des cartes
Au trèfle à quatre feuilles
Et à l'as de carreau
Pour le coeur il n'est d'autre
Engagement
Que de battre le jeu
Pour en tirer la dame
Du recommencement".

On pourrait prendre pour du cynisme, ce qui n'est sans doute que le tatouage du désespoir ou un constat de solitude. Mais je sais qu'un jour, lors d'une donne heureuse, Joiret est tombé à pic sur une dame de coeur qui ne l'a pas laissé depuis sur le carreau.
Présentation de l'éditeur.

Le temps, la vie en écharpe, l'incomplétude du vécu, la nostalgie d'une enfance pas toujours épargnée par les privations, les  désillusions, la mer qui est consubstantielle au poète, autant que le désir (la mer dont les laitances sont des poèmes), la femme, une  femme, voilà qui constitue pour moi l'essentiel d'une démarche poétique, que je qualifierai, sans trop de risques, d'existentielle.
Gérard Cléry.




« Il y a quelque chose qui fait penser à des bonbons qu’on a envie de laisser fondre sur la langue du diable. Des mots à sucer, à rêver, à enfermer dans une boîte à malice. Juste pour le plaisir de les ressortir de temps en temps. Et de les faire rôtir au milieu d’un champ de pâquerettes, puis de les déguster dans le contraste d’un éclat de couleurs. Ronger les os de la douleur, planter nos griffes dans la chair tendre et en extirper la sève. Tout doucement. »
Nadine Monfils


Cela fait quelques décennies que l'on traite les Belges d' « irréguliers du langage ». Ou de surréalistes si l'on songe à nos irréguliers de la politique ! Est-il donc interdit de s'amuser ou plus simplement encore de rigoler un coup ? Notre ami et très sérieux intellectuel Michel Joiret vient de publier le recueil dont nous avions extrait quelques maximes bien frappées. « Les patates », titre qu'il complète par « et autres tubercules de la pensée ». La romancière Nadine Monfils préface fort bien le recueil, même si je regrette un peu qu'elle insiste sur la tendresse et gomme un peu le plaisir. Je tiens à sauvegarder le rire sous le sérieux autant que le sérieux sous le rire communicatif du poète qui oublie si bien son habituel ton de prof. Et n'oublie pas, lui, l'autodérision : « Si j'avais un jour écrit une seule phrase intelligente, ça se saurait ».
Moi, je sais !
Paul Van Melle, Inédit Nouveau n° 253

Après avoir coiffé plusieurs casquettes (romancier, poète, essayiste, critique littéraire...), l'auteur s'essaye cette fois au jeu du moraliste. Passant ainsi de l'impudeur du romancier à la litote de l'aphoriste, ce qui, selon le connaisseur Henry de Montherlant, serait du gand art par excellence... On veut bien le croire en parcourant le petit champ de patates planté avec maîtrise et jubilation par notre cultivateur prodigue. Qu'on en juge par les quelques tubercules que nous allons laisser germer avec soin sur un rayon de notre bibliothèque :
J'ai moins d'ennemis parmi les gens qui me trouvent anthipathique.
II faudrait quand même dire un jour ce qu'on pense à ceux dont on est sûr qu'ils pensent comme vous.
L'écriture est un vêtement d'été qu'on porte quand il fait froid
Les femmes à qui on n'a pas fait l'amour ne nous consolent guère de celles à qui on l'a fait trop longtemps.
Je veux bien mourir à condition d'éteindre moi-même la bougie
Mon pays n 'existe plus et comme je ne suis pas d'ailleurs, il me faut bien rêver pour exister
Des pensées au ras des patates ? Elles auraient plutôt de la hauteur et du volume, ces belles farineuses qui vous entartreraient de purée les bavards et les précieux de tous bords.
Merci à Joiret, l'auteur de ces légumes !

Michel Ducobu, Reflets Wallonie-Bruxelles


Présentation par Thierry-Pierre Clément à l'Espace Delvaux de Watermael-Boitsfort le 20/10/2011.



LES
PATATES
et autres tubercules de la pensée

Patates

Le Cygne
Paris, 2011

ISBN : 978-2-84924-238-4
54 pages



MATIÈRES
GRISES

Années lumière

Opium éditions
Paris, 2012

ISBN : 978-2-9540763-0-0
202 pages
avec des photographies de
Thomas Joiret
&
Romain Maillet
Préface de Werner Lambersy
www.opium-editions.com



"Le silence a des
Graphies élémentaires

Toutes poisseuses de
Ces taches qui

Paraphent au pied des
Eaux

L'herbe de nos
Dérachements"

Il est donc temps de dire, ici, combien Michel et Thomas Joiret ont, dans cette (ré)partition à deux entre poèmes et photos, entre échos croisés du dedans et du dehors l'un vers l'autre, pris le risque et gagné le pari de faire entendre, voir et découvrir ce que chacun croyait connaître et savoir de soi, et des paysages en soi, souvent si familiers, que d'habitude notre confort et la peur de le perdre nous les font parcourir aveugles, sourds et muets.
Werner Lambersy, extrait de la préface.

Aujourd'hui, je mesure clairement ce que mon écriture doit à "la mère-mer", qui n'a jamais cessé de couler dans mes encres. Si les hommes du Nord se taisent plus souvent que leurs voisins du Sud, c'est peut-être que la mer leur a coupé la parole et que les mots du quotidien pèsent plus lourdement leur poids de sel.
Michel Joiret, extrait de l'avant-propos : "Des Bottes de Marin".




Pressé d'en découdre avec
Le fil du temps

Je fais claquer d'un talon
Fort

Le chemin des aiguilles




PROPOS
D'INQUIÉTEUR

Propos d'inquiéteur

Le Cygne
Paris, 2013

ISBN : 978-2-84924-334-3
90 pages